"Accuser de judéophobie quiconque critique la politique du gouvernement israélien, c’est non seulement se livrer à un chantage inacceptable, mais aussi alimenter le mal qu’on prétend combattre..."
Dominique vidal
Vous désirez vous faire une idée sur le conflit israélo-palestinien? Lisez la prose qui suit. L'auteur? Kurdi Bear, un réserviste israélien... Bien évidemment, on ne manquera pas de nous accuser de voir les choses par le petit bout de la lorgnette... Mais quelle vue!
« Les choses sérieuses ont commencé le jour où treize de nos soldats ont été tués dans cette ruelle dans le camp de réfugié de Jénine.
Quand ils nous ont amenés, je savais que personne ne voulait travailler avec moi. Ils avaient peur d’être avec moi dans le bull. Non seulement j’avais une réputation de fouteur de merde, mais aussi d’un gars qui n’a peur de rien, et là il ont raison. Je n’ai vraiment peur de rien. Ils savaient que je n’avais peur de rien, que j’en ai rien à foutre, et que je peux aller n’importe où, sans poser de questions. Une fois, à Jénine, j’ai abandonné le char qui nous suivait partout. Je voulais faire le tour du camp, voir ce qui se passait. Gadi, l’autre conducteur qui était avec moi, a failli tomber dans les pommes. Il est devenu dingue : « fais demi-tour », il criait, « on n’a pas d’escorte ! » Mais il fallait que je connaisse les lieux mieux que ça, que je trouve une sortie, juste au cas où on en aurait besoin. Je n’avais pas peur de mourir. Au moins, j’avais une assurance ; ça aurait aidé ma famille.
Quand on est arrivé au camp, le D-9 étaient déjà là. On les avait fait venir de Naplouse. J’ai eu le gros D-9L, avec mon partenaire le Yéménite. La première chose que j’ai faite, ça a été d’attacher le drapeau de l’équipe du Bétar . Je l’avais préparé à l’avance. Je voulais que ma famille puisse l’identifier. J’ai dit à ma famille et aux enfants : « Vous verrez mon bull à la télé. Quand vous verrez le drapeau du Bétar, ça sera moi ». Et c’est excatement ce qui s’est passé.
Le Bétar, c’est un truc dans mon cerveau. Je peux pas l’expliquer autrement. Après ma famille, c’est le plus important dans ma vie, et le seul truc qui puisse me tuer. A Jénine, je n’ai pas eu peur une seconde, mais depuis six mois je ne peux plus aller aux matches du Bétar. Le suspense me tue, et j’ai tout le temps peur d’avoir une crise cardiaque. Des fois, je suis capable de faire le tour de Teddy [principal stade de Jérusalem] avec un billet pour le match à la main et je ne peux pas entrer.
Alors maintenant, vous comprenez pourquoi le drapeau du Bétar était sur mon bull à Jénine. Quelqu’un m’a dit que mon commandant voulait l’enlever, mais pas question. Si on m’avait demandé mon avis, il y aurait un drapeau du Bétar au sommet de la mosquée du camp.
Il a fait beaucoup de bruit, mon drapeau. Les soldats de la Golani étaient stupéfaits. « T’as ramené le Bétar ici », ils m’ont dit. Et je leur ai dit : « Je vais faire un stade Teddy ici, ne vous en faites pas. »
A la radio, ils voulaient m’appeler Moshe Bear, mais j’ai insisté pour Kurdi. J’ai dit aux Golanis : « Moi c’est Kurdi, et je me répondrai pas si vous m’appelez par un autre nom. » C’est comme ça qu’est né Kurdi Bear. C’est mon nom et je suis tétu.
Au moment où je suis entré dans le camp avec le bull, quelque chose s’est passé dans ma tête. Je suis devenu dingue. Tout le desespoir causé par ma situation personnelle a disparu, juste comme ça. Tout ce qui restait, c’était la colère de ce qui était arrivé à nos gars. Encore maintenant, je suis convaincu, comme nous tous, que si
on nous avait laissés entrer dans le camp plus tôt, avec toute notre puissance, vingt-quatre soldat n’auraient pas été tué dans le camp.
Avec la première mission qu’on m’a donnée, d’ouvrir une artère dans le camp, j’ai compris quel genre d’enfer c’était.
Ma première mission, volontaire, c’était d’amener à manger aux soldats. On m’a dit : « La seule façon d’amener de la nourriture là-bas, c’est d’y aller avec le D-9 ». Il n’ont pas mangé depuis deux jours. On ne pouvait pas mettre le nez dehors. J’ai rempli le bull à ras bord, et je l’ai conduit jusqu’à la porte de leur poste, pour qu’ils n’aient pas à faire un pas en dehors de leur abri. Un pas, c’était assez pour perdre un bras ou une jambe.
On ne pouvait pas savoir où se trouvaient les charges. Ils [les combattants palestiniens] faisaient des trous dans le sol et ils mettaient des charges. Mêmes les murs des maisons. Il suffisait de les toucher, et ils sautaient. Ou bien ils vous tiraient dessus quand vous entriez. Il y avait des charges dans les rues, sous le sol, entre les murs. A chaque fois qu’on perçait un trou, quelque chose sautait. J’ai vue une cage à oiseaux sauter dans une animalerie, en ouvrant un passage. J’étais désolé pour les oiseaux. Ils mettaient des charges partout.
Vous savez comment j’ai tenu soixante-quinze heures ? Je ne suis pas descendu du bull. Je n’avais pas de problèmes de fatigue, parce que je buvais du whisky tout le temps. J’avais toujours une bouteille dans le bull. Je les avais mises dans mon sac à l’avance. Tout le monde emportait des vêtements, mais moi je savais ce qui m’attendait là-bas, alors j’ai emmené du whisky et de quoi grignoter.
Qu’est-ce que ça veut dire « ouvrir un chemin » ? Vous rasez des bâtiments. Des deux côtés. Il n’y a pas d’autre manière, parce que le bull était beaucoup plus large que les ruelles. Mais je ne cherche pas d’excuses ou quoi que ce soit. Il faut les raser. J’en avais rien à foutre de démolir leurs maisons, parce que ça sauvait les vies de nos soldats. J’ai travaillé là où nos soldats ont été masssacrés. Ils n’ont pas dit toute la vérité sur ce qui s’est passé. Ils avaient percés des trous dans les murs, pour passer les canons des fusils. Celui qui échappait aux charges étaient abattus à travers ces trous.
Je n’avais de pitié pour personne. J’aurais rasé n’importe qui avec le D-9, juste pour que nos soldats ne soient pas exposés au danger. C’est ce que je leur ai dit. J’avais peur pour nos soldats. Vous pouviez les voir dormir ensemble, quarante soldats dans une maison bondée. Mon cœur saignait pour eux. C’est pour ça que j’en n’avait rien à foutre de démolir toutes ces maisons –et j’en ai abattu beaucoup. A la fin, j’ai construit le stade de foot « Teddy » là.
Difficile ? Pas du tout. Vous plaisantez. Je voulais tout détruire. J’ai supplié les officiers, à la radio, de me laisser abattre le tout ; du haut en bas. De tout niveler. Personne n’a refusé un ordre d’abattre une maison. Pas question. Quand on me disait d’abattre une maison, j’en profitais pour en abattre d’autres ; par parce que je voulais, mais quand on vous ordonne d’abattre une maison, il y en a quelques autres qui gênent, alors on ne peut pas faire autrement. J’aurais dû le faire même si je n’avais pas voulu. Elles étaient sur ma route. Si je devais abattre une maison, que l’enfer ou les eaux s’en mêlent, je le faisais. Et, croyez-moi, on n’en a pas abattu assez. Tout le camp était parsemé de charges explosives. En fait, ça a sauvé la vie des Palestiniens eux-mêmes, parce que s’ils étaient revenus chez eux, ils auraient sauté.
Beaucoup de gens étaient dans les maisons que nous devions démolir. Je n’ai pas vu, de mes yeux, quelqu’un mourir sous la lame du D-9. Et je n’ai pas vu de maison s’effondrer sur des gens vivants. Mais, si c’était le cas, je m’en foutrais. Je suis persuadé que des gens sont morts dans ces maisons, mais c’était difficile à voir parce qu’il y avait beaucoup de poussière partout et qu’on travaillait beaucoup la nuit. J’étais content à chaque maison détruite, parce que je savais que ça ne les dérangeait pas de mourir, mais qu’ils tiennent à leur maison. Si vous abattez une maison, vous enterrez quarante ou cinquante personnes pour des générations. Je ne suis désolé de rien, sinon de n’avoir pas rasé tout le camp.
Je ne me suis pas arrêté un instant. Même quand on avait une pause de deux heures, j’insistais pour continuer. Je préparais une rampe, pour détruire un immeuble de quatre étages. Une fois j’ai tourné brutalement à droite, et tout un mur est tombé. D’un seul coup, j’ai entendu crier à la radio : « Kurdi, fais gaffe, c’est nous ! » Il se trouve qu’il y avait des gars à nous à l’intérieur, et ils avaient oublié de me prévenir.
J’ai eu beaucoup de satisfaction. J’ai vraiment eu du bon temps. Je me souviens avoir tiré un mur d’un immeuble de quatre étages. Il est tombé sur mon D-9. Mon partenaire me hurlait de faire marche arrière, mais j’ai laissé le mur nous tomber dessus. On dégageait les côtés des bâtiments, et puis on les percutait. Si c’était trop dur, on demandait à un char de tirer un obus.
Je ne pouvais pas m’arrêter. Je voulais travailler et travailler encore. Il y avait cet officier des Golanis qui nous donnait des ordres par radio. Je le rendais fou. Je n’arrêtais pas de demander encore et encore d’autres missions. »
Ce blog est-il antisémite? (Opinion)
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Les autres Madoff... (Information)
Le cas Madoff et ses 50 milliards de dollars de fraude ont-ils balayé nos derniers doutes sur la nature du pouvoir détenu par les Maîtres du Monde ?
Les Golden boys de Wall Street, de la City et de Hong-Kong, les cerveaux de la finance, les petits génies du banking à qui les institutions financières les plus prestigieuses offraient des premiers salaires de 60.000 dollars par an et la promesse de bonus faramineux, nos ministres des finances qui ne juraient que par eux, ces alchimistes des temps modernes qui transformaient en or tout ce qu’ils touchaient et promettaient l’opulence à tous les convertis, se révèlent être aujourd’hui de simples escrocs qui, loin d’utiliser des formules miracles, faisaient du plus vieux métier du monde, l’abus de confiance, la base de leur système.
Les experts se cassaient la tête en ce début de semaine de Noël 2008 pour comprendre comment cela avait pu arriver. Encore une fois, les mieux formés pour anticiper nos malheurs s’étaient couverts de ridicule en apprenant par la presse qu’un empire s’était évaporé en une nuit !
Et quel empire ! Bernard L. Madoff Investment Securities LLC, étaient une des superstars de la sphère financière globale. Ses patrons se targuaient d’avoir payé des bénéfices supérieurs à 8% par an pendant 72 mois consécutifs. Un record ! Son fondateur et PDG, Bernard Madoff, élevé au rang de gourou, pouvait se permettre de refuser les investisseurs les plus fortunés de la planète (1). Madoff avait gagné ses lettres de noblesse à la tête du Nasdaq au début des années 90, le marché électronique des actions aux États-Unis. Il tenait depuis le haut du pavé de la finance après avoir eu la brillante idée de mettre les nouvelles technologies au service des places financières. Les hommes d’affaires les plus méfiants, les institutions les plus pointilleuses lui avaient confié des sommes colossales. Bernard Madoff avait la réputation de représenter l’essence de Wall Street (2).
Devant le nombre d’institutions de contrôle et de régulation bluffées par notre homme, devant l’incapacité de ses pairs, et des sociétés d’audit à déceler la moindre irrégularité dans ses comptes, on est en droit de rejeter en bloc les concepts qui se nichent derrière la phrase, Et pourtant, il a réussi à tromper tout le monde, que l’on a pu lire sur les manchettes des journaux les plus respectables du monde capitalistes.
Il semblerait que des questions d’un tout autre intérêt nous viendraient à l’esprit en avançant l’improbable : Bernard Madoff n’a trompé personne.
La première d’entre elles est posée par Thomas L. Friedman, journaliste au New York Times dans sa colonne du 20 décembre 2008 : Jusqu’où va la corruption des États-Unis ? Et la première question posée, d’autres montent inévitablement au créneau. Celle-ci par exemple : Comment est-il possible que des firmes comme Bear Stearns, Lehman Brothers, Northern Rock, Fanny, Freddy et AIG ne soient pas du tout ce qu’elles disaient être ?
Pour répondre à cette question, il nous faut remonter l’histoire jusqu’en 1919, à l’époque où M. Carlos Ponzi (1882-1949), un immigré italien, ruina 20.000 personnes aux Etats-Unis et empocha la coquette somme de 9 millions de dollars. Son procédé était simple et pris bientôt son nom : la pyramide Ponzi. Il s’agissait de promettre à des investisseurs ou des particuliers fortunés le double des sommes qu’ils avaient prêtées et ceci en moins de trois mois ! Ces retours faramineux étaient payés par l’argent de milliers de nouveaux clients à qui Ponzi avait promis la même chose mais qui hélas, n’eurent pas la chance des premiers prêteurs qui surent se retirer à temps et qui eux firent des très bonnes affaires. Les derniers arrivés perdirent la totalité des sommes qu’ils avaient investies.
C’est à peu de chose prêt le procédé que Bernard Madoff, l’homme qui incarnait l’essence de Wall Street, utilisa pour sa propre pyramide qui, de par ses proportions gigantesques, 50 milliards de dollars, rappelons-le, devrait être sous peu rebaptisée pyramide Madoff.
Afin d’étayer son raisonnement sur la pourriture des fondements de l’économie américaine, Thomas Friedman, notre journaliste du New York Times, nous fait part d’une certitude. Le plan Ponzi de l’illusionniste Madoff semble être l’infime partie d’un plan du même nom mais tout à fait légal celui-ci, mis en œuvre par Wall Street et soutenu par les administrations Clinton et Bush père et fils. Un plan alimenté par des crédits bon marché, des principes moraux discutables et beaucoup d’avarice. Friedman continue : En effet, quel nom donner au fait d’offrir sans contrainte à un travailleur qui ne gagne que 10.000 euros par an, une hypothèque qu’il ne commencera à payer que deux ans plus tard pour lui permettre d’acheter une maison d’une valeur de 550.000 euros ?, pour ensuite l‘inclure avec cent autres hypothèques de même nature dans des bonds vendus aux banques et à des fonds de pensions appartenant à des particuliers ? C’est ce que faisait notre système financier. Si ce n’est une pyramide Ponzi, qu’est-ce que c’est ?
Le raisonnement est imparable et ouvre une nouvelle brèche dans la coque déjà très endommagée du laisser-faire que personne ou presque ne remettait en question il y a encore un an. Depuis, la quasi-totalité de l’industrie financière anglo-saxonne, a été nationalisée. La tempête fait rage et chaque nouvelle vague de nationalisation — l’industrie automobile américaine semble être la prochaine sur la liste ; General Motors, qui l’eût cru ! —, nous donne de plus en plus de mal à distinguer nos économies de celles de pays communistes comme la Chine. Les experts — encore eux — nous disent maintenant que la crise sera beaucoup plus dure en 2009. Après la banque, la finance, la construction, et l’automobile, quel sera le prochain secteur à tomber dans l’escarcelle du contribuable ? Et combien de pyramides Ponzi nos escrocs de la finance vont-ils sortir de leur manche ?
Combien de temps encore avant que l’on ose se dire que le capitalisme moderne de Thatcher, Reagan, Blair, Bush et compagnie à rendu l’âme ? Et surtout, qui aura le courage de nommer ce qui va succéder au néolibéralisme ?
(1) In El Pais, Dimanche 21 décembre 2008, Este tipo estafo al universo de Francsico Peregil.(2) Phrase de l’avocat d’affaire Ross B. Intelisano, in Treason in Palm Beach de Ian Urbina. New York Times.
le 31/12/2008
