Rentrée 2009

1.
Epoque de plage et de promenades en bicyclette. S’éloigner de l’être contraint par les sommations, les pressions, le rendement…
Alors, qu’ai-je découvert pendant mon repos?
Que nous sommes laids sur les photos souvenirs. Les albums de famille sont des nids à difformité. Les constellations du papier glacé sont belles, elles.
Nous avons besoin de toute urgence d’une cure de laideur… retrouver la laideur de nos rêves… laideur de notre amour, laideur de nos cœurs, laideur de l’esprit, laideur de nos enfants.

2.
Le repos n’apporte pas que des bonnes choses à l’âme en quête de justice. Car, n’est-ce pas, la responsabilité envers autrui est comme un cancer qui ne part pas… « Mais où aller ? »
Partir, se retirer, vivre heureux ? Où aller ?
Toutes les forces revenues cependant, la rage semble plus effilée, infiniment moins prête à la concession… L’épuisement est parfois préférable… L’excès d’énergie et de colère me rendraient fou.

3./ Différencier les problèmes moraux des aveuglements psychologiques. Quels sont les dangers réels ?
La vie à la campagne est l’exemple parfait de l’irrationnel construit autour de la survie. Vivre loin du monde chaotique et effrayant des grande villes m’a toujours semblé impossible… Dans les deux cas, je vis l’enfermement. Est-il absurde d’associer le bien-être à l’enfermement ? Evidemment non. Tout dépend de l’idée que l’on se fait du « vivre », du « mourir », du « conquérir ».

4./ La source de mon angoisse vient de vouloir vivre excessivement le quotidien. Appréhender trop large; nécessité imposée qui cependant devient absurde dès que je m'y arrête. Cet empilement d’instants, de phrases et d’intentions trop sottes pour leur accorder de l'importance.
Ratisser plus court ? Il m’est impossible d'apprécier les limites à partir desquelles il est inutile de se défendre de certains dangers –pour la simple raison qu’ils sont hors de portée.
L'explication d’une telle confusion ? La culpabilité.
Excessive, elle me pousse à prendre en compte ces dangers improbables quand je les mets au conditionnel.